Job & Social Coaching

Les personnes bénéficiaires d’un accompagnement en job-coaching et social-coaching :

La demande d’accompagnement par le pôle « Job and Social Coach » sera ouverte à toute personne autiste asperger ou autiste sans DI en faisant la demande dans la mesure des disponibilités d’accompagnement.

Le job coach

L’expérience dans les pays où les personnes autistes sont intégrées dans le milieu ordinaire de travail indique, que même si certains cas isolés d’intégration existent, la pérennité de ces intégrations est extrêmement difficile sans une aide apportée par un job coach ou facilitateur d’intégration.  L’autisme provoque des difficultés de communication, de flexibilité cognitive, de gestion des échanges sociaux et de comportement qui sont peu compatibles avec le monde du travail. Typiquement, la personne atteinte d’autisme, même parfaitement compétente pour la tâche qui lui est donnée, n’est pas intégrée en milieu ordinaire du travail à cause de ces problèmes. Une intégration dans le milieu ordinaire de travail d’une personne autiste implique, obligatoirement, que la personne qui aide à l’intégration ait une bonne connaissance du handicap de l’autisme et des problèmes qui en résultent. Par conséquent, le job coach doit, avant tout, être formé à une connaissance approfondie du fonctionnement de la personne atteinte d’autisme ainsi qu’à la pédagogie spécifique adaptée. Sans ces connaissances, l’intervention du job coach est le plus souvent vouée à l’échec.

Le rôle du job coach

Le job coach est obligatoirement une personne polyvalente capable de prendre le rôle « d’interface » ou « interprète » entre la personne autiste et le milieu de travail. Etre « interface » exige que le job coach remplisse plusieurs rôles auprès de la personne autiste et de l’employeur. Il doit tenir compte des facteurs liés à l’emploi aussi bien que des caractéristiques spécifiques de ce handicap. Les personnes atteintes d’autisme sont en effet radicalement différentes d’autres personnes handicapées et le style d’aide qu’elles requièrent est spécifique. Cette aide doit être systématiquement appliquée pour trouver un poste de travail approprié, pour l’aménagement du poste, et pour le maintien dans l’emploi.

Le job coach fournit cette aide à travers de multiples rôles :

1) Chercher le gisement de travail le mieux adapté aux besoins de la personne autiste. Cette recherche implique que le job coach connaisse bien le fonctionnement de la personne à placer. Il doit connaître ses aptitudes professionnelles les plus développées, ses aptitudes de communication expressive et réceptive, son niveau de flexibilité, son acceptation vis-à-vis d’un changement de travail, de contexte humain ou de méthode. Il doit également connaître des caractéristiques personnelles du comportement qui pourraient retentir le plus sur les performances du futur travailleur. Il doit aussi connaître la préférence professionnelle du travailleur et de ses parents.

2) Informer les employeurs potentiels des avantages d’embaucher une personne atteinte d’autisme. Avantages humains et connaissance des lois et des incitations financières.

3) Poursuivre le contact avec des employeurs potentiels. Constituer un « vivier » d’employeurs potentiels.

4) Analyser un poste potentiel : Analyser si le poste est globalement adapté aux personnes atteintes d’autisme, ensuite analyser si le poste est adapté à un travailleur spécifique.

L’analyse doit déterminer :

  • les capacités techniques nécessaires pour chaque tâche,
  • les facteurs cognitifs (compréhension des mécanismes des règles de sécurité…) les capacités de flexibilité cognitive nécessaires pour ces tâches,
  • les aptitudes sociales et communicatives exigées par le poste.
  • les facteurs d’environnement physiques : organisation physique du poste, nuisances (bruit, température, etc.),
  • les facteurs d’environnement social (proximité et exigences d’interaction avec les autres travailleurs).

5) Repérer les aspects du travail qui ne sont pas directement liés au poste. Les modes d’accès aux lieux de travail. Les règlements, et exigences particulières de l’employeur, l’heure d’arrivée et du départ, les caractéristiques des pauses et des repas (bruits, longueur, promiscuité), la tenue vestimentaire appropriée, l’utilisation des WC et douche éventuelle. L’environnement socio affectif est capital à évaluer (la personnalité des collègues et des supérieurs). Sur le plan pratique ceci implique un travail préalable du job coach avec l’adulte autiste et un travail préalable avec l’entreprise.

  1. a) Le travail préalable avec la personne atteinte d’autisme. Il faut connaître personnellement la personne autiste et passer du temps avec elle pour mieux comprendre, ses motivations, ses idiosyncrasies, les facteurs susceptibles de provoquer angoisse ou troubles du comportement. Il faut l’observer dans son contexte de vie actuelle parler avec ses proches et faire une évaluation précise de ses capacités psychomotrices, cognitives, communicatives, sociales, et adaptatives.
  2. b) Le travail préalable avec l’entreprise. Le job coach effectuera le travail lui-même à différentes reprises. Il discutera ensuite avec les responsables, les supérieurs hiérarchiques directs et les futurs collègues pour s’informer davantage sur le travail, les informer sur l’autisme en général et sur son candidat particulier

6) Gérer l’adaptation réciproque du candidat et du poste du travail.

Les outils permettant la réussite de l’intégration.

L’ingénierie cognitive

  • Aide aux apprentissages psychomoteurs. Apprendre certains mouvements s’il le faut par la guidance manuelle (en effet explications orales, schémas, exemples à imiter sont souvent des méthodes insuffisantes).

  • Apprentissage et adaptation des modes de communication. Dans une cantine les consignes transmises de façon manuscrite ont été « traduites » en écriture imprimée et en photos. La constitution d’un véritable lexique a permis à un jeune homme ne lisant que les chiffres, de répondre correctement et de façon autonome aux consignes manuscrites après quelques séances d’enseignement.

  • Remédiation cognitive (aide à la compréhension de procédés, de fonctionnement, structuration du temps, de l’espace…). Clarifier visuellement, avec photos et/ou par consignes écrites décrivant chaque étape des concepts abstraits comme : comment procéder pour nettoyer une salle de bain ; comment faire pour tondre le gazon en ligne droite ; comment démarrer une machine ; suivre un emploi du temps, faire des saisies informatiques ; apprendre à mesurer des températures dans des vitrines réfrigérés ou chauffées (en symbolisant chaque vitrine par un icône), etc.

La remédiation sociale

  • Aide au décodage des situations sociales (utilisation « d’histoires sociales », jeux de rôles…).
  • Désamorçage des situations générant la frustration (problèmes sensoriels, problèmes de non compréhension…).
  • Explication à l’entourage des spécificités de la personne (en particulier à l’occasion de ces « manœuvres » d’adaptation.
  • Prévention des conflits (dès le premier incident, même mineur).
  • Médiation et gestion des conflits si nécessaire.

L’intégration sociale dans le milieu de travail.

Le job coach a un rôle déterminant pour aider le travailleur atteint d’autisme à s’intégrer socialement dans le milieu de travail. La personne autiste a besoin de formation directe pour développer et/ou pour améliorer les compétences sociales nécessaires pour s’adapter dans le lieu du travail. Cette formation peut être quotidienne puis hebdomadaire et surtout avoir lieu à partir d’un événement spécifique, et/ou à la demande de l’employé ou des collègues.

7) Veiller à la mise en route du travail Le principe est, au début de la mise en route de l’emploi, d’accompagner la personne de façon à éventuellement l’aider (ce qui évite des perturbations pour l’entreprise). Pendant cette période et cette expérimentation « in situ », le job coach pourra prendre conscience de difficultés complémentaires qu’il n’avait pas prévues et perfectionner l’adaptation réciproque de l’employé et du poste de travail. Le job coach profitera aussi de cette période pour enseigner éventuellement aux collègues de travail de façon pratique la conduite à tenir en cas de troubles du comportement.

8) Maintenir la personne dans son poste

Le suivi et l’évaluation :

  • Évaluation qualitative et quantitative du travail grâce à des outils spécifiques ou avec les outils de l’entreprise.
  • Évaluation de la qualité de vie procurée à l’usager par l’insertion professionnelle
  • dans le cadre du travail,
  • de façon générale.
  • Évaluation de l’acceptation et du retentissement sur l’entourage professionnel.

Le fait d’apprendre les tâches nécessaires pour faire un travail ne suffit pas pour garder un travail. Le job coach doit aider la personne atteinte d’autisme dans les domaines qui peuvent être déterminants au maintien dans le travail. Progressivement, le job coach aidera de moins en moins l’employé atteint d’autisme. Le but visé étant le maximum d’autonomie. Quoiqu’il en soit le job coach restera un référant pour l’employé et pour l’entreprise et également un médiateur entre eux en cas de problèmes. Le job coach (ayant une compétence spécifique en autisme accompagné d’une connaissance du monde du travail en milieu ordinaire) augmente les chances de la personne avec autisme accompagné à s’intégrer et à maintenir un emploi à longue terme.